• Vente Jullien

    14 janvier 1796 , acte de vente

    Vente Jullien

    Par devant le notaire soussigné et en présence

    des témoins ci après nommés

    est comparu le citoyen Antoine

    Jullien propriétaire demeurant à Veranne

    lequel volontairement tant en son nom qu'en

    qualité d' acquéreur du citoyen Jacques Mathon

    vend, cède, quitte, remet et transporte purement

    simplement et irrévocablement avec promesse d'en

    maintenir garantie et faire jouir en paix envers

    et contre tous tant au pétitoire qu'au  possessoire

    À Etienne Paret cultivateur demeurant à Limonne

    commune de Maclas, ici présent et acceptant , un coin

    de pré situé au territoire dudit Limonne de contenance

    d'environ sept coupées, en travers duquel coule le

    ruisseau de Saint Sabin à Limony, ce qui fait que ledit

    pré vendu est partagé en deux parties : celle du côté

    de matin et midi ayant quelques tronches vernes

    comptantes joignant le dit pré vendu dans sa totalité

    de matin terre et pré de Louis Chorein, le lit ancien

    dudit ruisseau entre deux, de midi pré dudit

    Chorein, et pré de l'acquéreur, de soir le beal du

    moulin dudit acquéreur, et de bise pré d' Etienne

    Revollon, et de l'autre côté du ruisseau pré et

    tronches vernes dudit Revollon, sauf dudit pré

    vernes les autre plus vrais et meilleurs  confins

     

    Cet acte notarié atteste la vente d' un terrain d' Antoine Jullien à Etienne Paret.

    Pour commencer, le notaire note les limites du pré, à l' aide de plusieurs critères : l'orientation par rapport au soleil, le nom des propriétaires des prés voisins ou quelques particularités du terrain, comme les tronches vernes (troncs d'aulnes, arbustes des zones humides). Si son emplacement exact était évident pour les signataires de l' acte, il l' est moins pour les lecteurs du XXIème siècle. Sans prendre de risques, on peut situer ce pré près du ruisseau, non loin du moulin d' Etienne.

     

    Vente Jullien

    Vente Jullien

     

    Le pré ainsi délimité, le notaire passe aux conditions de vente, et au prix, 1000 francs, payés cash.

    Cet acte est signé à Bourg Argental, dans la demeure de la Veuve Jerry, en présence de Chana et Blanc, tous deux bien connus d' Etienne, leurs noms revenant régulièrement dans plusieurs actes. La signature de Chana, le percepteur, est apparue sur plusieurs quittances des impôts et, cas plus délicat, sur une mise en demeure de payer. Blanc, voiturier, est un témoin régulier, et, parfois créancier d' Etienne. Le rédacteur de l'acte, Bourette, est le notaire de la famille Paret.

     

     


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  • 22 aout 1791

    Accord de voisinage

     

    Nous soussigne savoir jean

    moucet de la braugnary et

    estienne paret de limone

    meme paroisse savoir que ledit

    moucet donne une fenetre

    barree et qu'elle y est aux depants

    dudit et un auvent du

    couvers d'un pied trois pouces

    et les autres ? barre

    en bois et moi estienne

    paret promet que ledit

    moucet fera un mur de

    cinq pieds de hauteur joignant

    le battand d'une porte, le

    tout sans nous déranger d'autre

    aisance savoir ledit mur

    depassera de quatorze pouces

    et promettont si besoin en

    est dont passe un acte

    ce 22 aout mille sept cent

    noinante un j'approuve ce

    que desssus jean mousset

    j'approuve ce que dessus

    paret

     

     

    Ce court document conclut un accord entre voisins .

    Son principal intérêt est d' être un acte manuscrit d' Etienne Paret. Même si mon lien de parenté avec Etienne est lointain, ( descendante à la 7e génération d'une cousine d' Etienne Paret), c' était émouvant d'avoir en mains ce document, avec cette écriture un peu maladroite, ces fautes d' orthographe.

     


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  • Rentes et terriers 2

     

    En 1786, une requête était adressée à Antoinette Guillon, mère de François Plasson par le Chapitre de St Chamond, pour arrérage de rentes. 

    Rentes et terrier

     

    Une requête a également été adressée à Claude François, un voisin, et les deux incriminés unissent leurs forces.

    23 janvier 1786

    Rentes et terriers 2

    Rentes et terriers 2

    Rentes et terriers 2

    Claude François et François Plasson, de Limonne, s'adressent « humblement » à Monsieur le Sénéchal du Vivarais ou à son lieutenant à Annonay, et lui exposent les faits :

    « Le 1er décembre 1462, Pierre de Choron reconnut au Seigneur de la Barge devant J. Colombi notaire deux pièces de terre situées au mas de Chorron, indivisés quand à la directe avec les dames religieuses de Ste Claire d'Annonay sous la cense annuelle et perpétuelle » d'une rente en nature et monnaie.

    Deux siècles plus tard, le Seigneur de la Barge cède ses droits sur les terres aux religieux de l'église collégiale de St Chamond. 

    " L' église collégiale de St Jean Baptiste qui s'élevait jadis sur la colline de St Chamond , fut fondée en 1634, par Melchior Mille de Chevrieres, en l'honneur des saintes reliques qu'il possédait. Pendant un siècle et demi, elle fut témoin de la vie pieuse et régulière que menèrent, sous les yeux de Dieu et dans l'oubli des hommes, les membres du Chapitre qui la desservait. En 1790, un décret de l'Assemblée nationale la ferma et dispersa le Chapitre. L'église, abandonnée, fut bientôt renversée : aujourd'hui quelques pans de murs attestent seuls qu'elle a existé. Entièrement dévoués à leurs modestes et paisibles fonctions de gardiens des saintes Reliques, les chanoines de Saint Jean avaient travaillé pour le Ciel, et non pour l'histoire; leurs noms, leur charité, les services rendus , tout fut promptement oublié"

    Extrait de « église collégiale de St Jean Baptiste » de Maurice de Boissieu

    Histoire de la collégiale

     

    Les chanoines mettent à conformité l'acte de 1462 : « Dans la suite, les fonds se divisèrent entre différents particuliers » et le 15 septembre 1683, un nouvel acte notarié « fit consentir des reconnaissances séparées ». Mais les nouvelles rentes prévues sont exorbitantes, à tel point que « le chapitre se garda bien de les mettre d'abord à exécution. Ce n'est qu'après les avoir laissé vieillir pendant près de cent ans dans la poussière , qu'on s'est avisé de les en tirer pour en faire usage contre les suppléants ».

     

     

    Rentes et terriers 2

     

    Ainsi, après cent ans , les doyens et chanoines de St Chamond dépoussièrent cette nouvelle reconnaissance de fonds , et décident de la faire appliquer. Ils font appel à la juridiction ordinaire de Serrières. Dans un premier temps, la mère de François Plasson est assignée, puis c'est au tour de François, le 1er juillet 1784 . « Le 27 octobre de la même année, Jean et Claude François, père et fils, furent assignés en la même juridiction, à la requête des mêmes doyens et chanoines » . Les accusés se réunissent pour se défendre, mais « ils furent mal défendus, ou plutôt ils ne le furent pas du tout », et se voient condamner à payer par deux sentences : le 9 mai 1785 contre Plasson et sa mère, le 13 juin suivant contre les Francois père et fils.

     

     

     

     

    Rentes et terriers 2

    Les deux affaires étant identiques, les suppléants demandent qu'elles soient réunies pour diminuer les frais. Ils ont manifestement l'intention de faire appel . A suivre...

     

    Cette procédure engagée contre deux familles de Limonne est à rapprocher de celle engagée en 1767 contre Etienne Paret par les sœurs de Ste Claire d'Annonay, qui gèrent les mêmes terres, en indivision.

    http://paret-meuniers.eklablog.com/abbaye-sainte-claire-a133356042

     

     

     

     


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  • Contrat de mariage Paret-Fovet

     

    1758 : depuis 2 ans, une guerre oppose la France, l'Autriche et leurs alliés à l'Angleterre, la Prusse et leurs alliés. Ce conflit, appelé la guerre de sept ans, se déploie en Europe, en Amérique du nord, en Inde, et est considéré comme la première guerre mondiale.

    Loin de ces troubles, les familles Paret et Fovet s' apprêtent à célébrer le mariage d' Etienne et de Jeanne Marie. Un contrat est signé le 19 avril 1758.

     

     

    Sont présents Etienne Paret (orthographié Parret), meunier à Limonne, fils de feux Floris et Jeanne Mantelin et Jeanne Marie Fovet de Serrière, fille de Louis et de Marie Donsel. Etienne, 26 ans, est reconnu libre et majeur, Jeanne Marie, 24 ans , est sous l'autorité de consentement de ses père et mère. Puis le notaire décrit les biens apportés par les fiancés, et, cette lecture étant assez fastidieuse,

    passons directement aux nombreux présents : les promis- Michel Paret et Antoine Paret, des cousins- Donsel et Fovet les parents de Jeanne Marie- Delestel- Marie Fauvet- le notaire qui établit l'acte moyennant la somme de 7 livres et 4 sols.

     

    Le mariage aura lieu quelques jours plus tard, le 25 avril, à Limonne.

    Etienne et Jeanne Marie vont rester au moulin de Limonne jusqu' à leur mort. Ils auront 9 enfants , dont quatre mourront en bas âge. L' ainé, Etienne, héritera du moulin. 


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  • Emancipation

    Emancipation

     

    A première vue, cet acte daté du 15 juillet 1793 est surprenant : Le fils demande son émancipation alors qu'il est âgé de 33 ans. Mais après étude des mœurs de l' époque, cette démarche n' a rien d' exceptionnel.

    Les jeunes gens vivaient sous l'autorité paternelle. L'émancipation était automatique avec le mariage. Sinon, pour se libérer de cette autorité, les enfants, même lorsqu’ils étaient majeurs, devaient faire une demande officielle d' émancipation, devant un juge.

    « Sont comparus devant le juge de paix Etienne Paret père et fils, meuniers à Limonne. Le fils  a humblement représenté à son père qu'il n 'a cessé de travailler à son bénéfice... et qu'ayant atteint l'age de 33 ans, il se croyait en état d'entreprendre quelques commerces et de faire quelques profits s'il plairait à son dit père.»

    Le dit père accepte et le « met hors de la puissance paternelle ...pour vendre, acheter, traiter, payer quittance, commercer , et généralement faire et entreprendre tout..Il lui abandonne tous  les droits que la paternité pourraient lui assurer dans le gains et profits que pourrait faire son fils».

    Toutefois, il se réserve «le respect que lui doit son fils, surtout en cas de mariage. » 

    L'acte est signé des Paret père et fils, de Bourrette, juge et de Jean Pierre Coppin, greffier. Il a été enregistré à Bourg Argental par Brochet.

    Voilà donc Etienne fils autorisé à voler de ses propres ailes !

     

     

     


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