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    Les siècles se suivent et se ressemblent pour Etienne et Fanny, qui continuent d'emprunter et d' hypothéquer.

     

    27 janvier1900

    Liens vers une obligation:

    Cotte1 , Cotte2 , Cotte3 , Cotte4

    Nouvelle obligation, avec hypothèque. Seule nouveauté, le notaire est Jean-Paul Escoffier, de Félines. Le prêteur, Jean Pierre Cotte est cultivateur à Charnas, un village proche de Maclas et de Félines. Il confirme un prêt de 1000 Francs fait « antérieurement et hors la vue du notaire » .

    Louis s'aquitera de ce qu'il reste à devoir le 4 septembre 1903.

    Petite parenthèse pour les inscriptions des hypothèques : elles se font à St Etienne pour la majorité des biens situés dans la Loire, et à Tournon, pour les terres de St Jacques d'Atticieux, dans l' Ardèche.

     

    5 mai 1901 : dernier acte signé par Etienne et Fanny,

    XXème siècle

    XXème siècle

    XXème siècle

    XXème siècle

    XXème siècle

    XXème siècle

    XXème siècle

    XXème siècle

     

    C'est à nouveau devant Feuillet, notaire à Maclas, qu' une nouvelle obligation est signée : 2000F pour Londiche, sabotier à Maclas.

    La description des biens hypothéqués est particulièrement intéressante : de grands travaux de modernisation sont en cours au moulin. En effet, sont hypothéqués : « un domaine d'expoitation agricole et un moulin à blé, un pressoir à huile avec tous leurs moteurs, matériels et accessoires...et avec leurs immeubles, constructions, agrandissements à venir. »

    Une nouveauté : les biens doivent être assurés.

    Le prêt doit être remboursé dans 6 ans.

    Mais ces 2000F ne seront pas utilisés pour le moulin, mais pour rembourser Marie Jeanne Roué, couturière à St Julien Molin Molette. Les Paret ont déjà eu recours à une demoiselle Roué, couturière à St Julien Molin Molette, prénommée Marie Claudine. Est ce la même personne ? Sa sœur ?

    Et, sans trop rentrer dans les détails, Marie Jeanne avait « récupéré » cette créance de Jean François Guigal, de Bessey, le 22 septembre 1895. Guigal et Paret avaient signé le 2 mars 1890.

    Cet emprunt est finalement remboursé à Londiche par Louis le 2 juin 1907, soit 6 ans après la signature, comme prévu.

     

    23 novembre 1901 :

    XXème siècle

    XXème siècle

    XXème siècle

    XXème siècle

    C'est un renouvellement de l'hypothèque en faveur de Chataigner du 7 décembre 1891. Le notaire est Feuillet.

     

     

    On remarquera que la plupart des créanciers ne se formalisent pas trop du retard dans les remboursements. S'il faut vraiment tenir le délai, un nouveau créancier prend le relai. Les prêteurs sont souvent des voisins, et le système a l'air de bien fonctionner. C' est peut être un peu lourd à suivre pour le couple Paret, déjà bien occupé par leur travail d'agriculteur, de meunier, et par les travaux de rénovation.

    Etienne et Fanny ont emprunté en tout environ 16700 Francs. Quelle est l' équivalent Euros de cette somme ? Rivory demandait un salaire de 3,5 Francs par jour, donc 4471 jours de travail sont nécessaires pour réunir la somme. Prenons comme hypothèse que le salaire mensuel net d'un ouvrier qualifié est de 2000€. Le salaire journalier est de 66€. En multipliant cette somme par 4471, on obtient 295000€. C'est beaucoup ! La conversion INSEE de 16700 Francs 1901 en Euros 2017 donne un résultat de 64400€. C'est peu !

     

     

    Etienne a investi jusqu'à la fin de sa vie, puisqu'il meurt 2 ans seulement après la signature du dernier acte, le 11 avril 1903, à l'âge de 77 ans. Il a trois enfants : Etienne, 33 ans (le 1er nom de baptême, Antoine, est définitivement abandonné), Marie, et Louis, 30 ans .  


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    Une longue succession d'emprunts va commencer, à partir de 1890. les actes sont signés d' Etienne, mais aussi de Fanny. Etienne est âgé de 64 ans, Fanny de 48 . Après le décès d' Etienne, en 1903, c'est son plus jeune fils, Louis, qui va lui succéder au moulin, et rembourser les emprunts en cours.

     

    7 décembre 1891

    Hypothèques

    Hypothèques

    Hypothèques

    Hypothèques

    Hypothèques

    Hypothèques

    Hypothèques

    Obligation, signée chez Jules Vallet, notaire à Serrières. Laurent Claude Chataigner, de Vodiné, commune de Serrières, prête 2500 Francs aux époux Paret-Barge. Fanny, toujours vigilante quand il s'agit de son nom de jeune fille, a du signaler la confusion, et le notaire a rajouté le nom de Berger dans la marge. Les actes deviennent de plus en plus longs et précis. Passons donc rapidement, pour retenir que le prêt doit être remboursé dans 4 ans, que les Paret hypothèquent leurs biens et que Fanny a déjà emprunté 1000 Francs à Antoine Guillot, de St Appolinard, un mois auparavant , le 11 novembre.

    En 1901, l'hypothèque et le prêts sont renouvelés . L'emprunt sera remboursé à la nouvelle échéance par Louis, le 7 février 1911.

     

    9 juillet 1892

    Obligation signée chez le notaire Feuillet , à Maclas. Marie Claudine Roué, couturière à St Julien Molin Molette prête 1200 Francs au couple. Cette obligation n'a pas été retrouvée pour l'instant dans les archives, contrairement à la quittance du remboursement datée du 9 septembre 1907.

     

    27 novembre 1892

      IMG2937 à 40I lien

    Nouvelle obligation, signée chez Jules Vallet. Cet acte ressemble à l'obligation Chataigner, et peut être consulté en cliquant sur les liens suivants :

    Donnet1 ,Donnet2, Donnet3Donnet4.

    Le prêteur, Jean-Pierre Donnet est un confrère, il est meunier à Serrières. Il prête 1000 Francs qui doivent être remboursés dans un an. Les biens sont à nouveau hypothéqués.

     

    27 octobre 1893

    Hypothèques

    Etienne signe une reconnaissance de dette de 317 Francs au notaire Vallet, frais des obligations des 2 actes précédents et d'une obligation à Martinaud du 16 décembre 1888.

     

    23 novembre 1894

    Hypothèques

    Exceptionnellement, cette note n'est pas un emprunt : Paret verse 40 Francs d'intérêts à Donnet pour l'obligation du 27 novembre 1892.

     

    4 décembre 1897

    Hypothèques

    C'est une quittance de subrogation, signée chez le notaire familial, Vallet .

    Cet acte est assez long, voici donc des liens pour le lire, et un court résumé ci dessous.

    Marti1 , Marti2 , Marti3 , Marti4 , Marti5 , Marti6 , Marti7  

    Martinaud, qui avait prêté 3000 Francs le 16 décembre 1888 est remboursé par le couple Paret, et la créance est reportée sur deux nouveaux subrogeants : Jean Meyrand, de Vodine, Serrières pour 2000 Francs et Antoine Guinot, de Bayard, Bogy pour 1000 Francs.

    Les créanciers ont la possibilité de récupérer l'hypothèque. Ce qu'ils font, sans trop se presser, puisque les modifications seront enregistrées le 20 juin 1908.

    La somme doit être remboursée dans un an. Sans vouloir préjuger de l'avenir, le couple Paret semble enlisé dans des difficultés financières, et le remboursement dans un an paraît bien incertain.

    Effectivement, c'est Louis qui remboursera une partie de cette somme, le 8 février 1911 ! Meyrand lui signe une quittance pour les 2000 Francs qui lui reviennent.

     

    13 janvier 1898

    Hypothèques

    Etienne et Fanny parviennent à rembourser quelques intérêts, dont 158 Francs à Claudine Marie Roué, pour l'obligation de 1892.

     

    27 Juillet 1899

    Hypothèques

    Plein de bonne volonté, Etienne affirme qu'il paiera le 8 aout à Mantelin de Lupé, 1000 Francs d'annuités et d'intérêts échus. On apprend qu' Etienne a signé une obligation pour 5000 Francs.

    Le 8 aout 1907, Louis reconnaît devoir 600 Francs d'intérêt. Le capital a été remboursé, puisque le 23 février 1917, Mantelin signe un reçu de 150 Francs pour solde de tout compte.

     

    Un siècle se termine... La république est maintenant bien implantée en France. Les présidents se succèdent : Félix Faure ne terminera pas son mandat, mais sa « mort heureuse » le fait rentrer dans la postérité.

    Quand à nos meuniers, ils se modernisent probablement : turbines, cylindres métalliques, moteurs... Ce qui explique cet endettement qui se poursuit à l'aube de ce XXème siècle.

     

     

     


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  • Voici trois actes un peu surprenants.

    Tout commence d' une manière naturelle par un engagement de vente d' Etienne Paret, à Jean Claude Rivory, le 27 mars 1899.

     

    Rivory: achat,vente

    Il s'agit de 200 m² de jardin, avec une grange et une maison, pour la somme de 400F que Jean Rigory s'engage à payer en 2 fois, le dernier versement ayant lieu le 1er janvier 1900.

    Or , quatre ans plus tard, jour pour jour, un nouvel engagement de vente est signé :

    Rivory: achat,vente

     

    J'ai fait un petit montage des deux documents côte à côte :

    Rivory: achat,vente

    Les deux manuscrits sont strictement identiques, mis à part les dates.

    Etienne n'a sûrement pas vendu deux fois la même maison... Donc, la première fois, la vente n'a pas eu lieu, pour une raison que les archives ne nous dévoilent pas.

    Mais, avançons dans le temps jusqu ' en 1908. Etienne est décédé, et c'est son fils Louis qui a repris l' affaire. Et voici un nouvel acte, avec Rivory  toujours.

    Rivory: achat,vente

     

    Cette fois, c'est Rivory Jean Claude qui signe un engagement de vente à Louis Paret: cette maison de peu de valeur, sur 200m² ne vous rappelle rien ? Je suis prête à parier qu'il s'agit de la batisse vendue par Etienne père à Rivory père. 

    Jean Claude Rivory habite à St Appolinard, il n'est pas très intéressé par cette maison qui se dégrade, alors que Louis la récupère car elle est mitoyenne de ses biens, du côté du levant.

     

     

     

     

     

     


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    Cher patron

     

    Cher patron

     

    Cher patron

     

    Voilà une lettre interessante, qui donne quelques indications sur le travail au moulin. Cette lettre est datée du 1er aout, l'année n'est pas précisée, mais plusieurs éléments permettent de proposer la date de 1890 : le salaire d'une journée de travail, le nombre d' heures de travail par jour, et cette indication contenue dans la missive : « comme vous êtes seul ». A cette époque, Antoine, le fils ainé, était militaire, et Louis, le deuxième fils, était âgé de 17 ans seulement.

     

    Reverdy habite de l'autre côté du Rhône, dans le Dauphiné, à une soixantaine de km de Limonne. 

    Cher patron

     

    Reverdy a été malade et commence juste à se rétablir. Les conditions de travail au moulin sont pénibles à cause de la poussière, et Reverdy, pour préserver sa santé, ne veut plus moudre dans cet environnement. Toutefois, comme c'est quelqu' un de serviable, il propose de « finir les rayons et rabiller les meules. » En effet, les meules ne sont pas lisses, comme celles qui sont la plupart du temps exposées en décoration, usées par l' érosion. Elles présentent des stries, ou rayons, qui permettent le broyage des grains, et l'évacuation de la mouture. Mais ces rayons s'émoussent et il convient de les re-creuser régulièrement : c'est l'opération de rhabillage des meules, qui s'effectue deux fois dans l'année à Limonne. La meule tournante (ou courante) est soulevée, à l'aide d'une potence, pour dégager la gisante (ou dormante.).La remise en état des rayons est un travail délicat qui s'effectue à l' aide d'outils spéciaux. La remise en place de la tournante est aussi une affaire d'expert .Ce travail était effectué par des spécialistes ou par le meunier lui même.

    Cet été, le travail de rhabillage a commencé, et Reverdy fait une estimation du temps nécessaire pour le terminer : 7 journées de 10 heures. Reverdy, conciliant, propose de terminer le rhabillage, et de venir ensuite deux fois par an pour effectuer cette besogne, mais , il le répète, pas question de moudre. Dans le cas contraire, il demande au patron d'avoir la bonté de lui renvoyer sa valise, et ses lunettes. Reverdy termine par un message d'amitié.

    Il est question de deux moulins. Etienne a hérité de pas mal de biens, alors pourquoi pas deux moulins ? A cette époque, les moulins étaient nombreux au bord des rivières.

     

     


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  • Lettre au colonel

    Lettre au colonel 

    Cette lettre est adressée au colonel commandant du 2ème régiment d' artillerie de Valence. Etienne sollicite une permision d ' un mois pour son fils afin « de pouvoir maintenir la culture … et de faire la fenaison qui se prépare pour les premiers jours de juin ». Cette lettre est signée par Etienne, et est écrite par le maire Mousset, qui rajoute un paragraphe d'authentification, tamponné par la mairie. Le fils est prénommé officiellement Antoine Etienne, mais le prénom de la demande est Etienne, sûrement le prénom usuel.

    Etienne père, âgé de 64 ans, est à la fois meunier et cultivateur. C' est certainement un homme fatigué, et l' aide de son fils lui fait cruellement défaut. Certes, le plus jeune fils, Louis, est mis à contribution, mais il n'a que 17 ans. Louis a été rajeuni de 2 ans dans le courrier. Malgré la pertinence de ces arguments, il n'est fait mention d'aucune permission dans le registre militaire d' Antoine Etienne 

    Lettre au colonel

    Lettre au colonel 

    Antoine mesure 1,71 mètres, ce qui est la moyenne pour l'époque.

    Son niveau d' instruction est 1,2,3 :

    la circulaire du 23 novembre 1872 qui définit les niveaux d'instruction donne :

    • 0 : ne sait ni lire ni écrire 

    • 1 : sait lire seulement 

    • 2 : sait lire et écrire 

    • 3 : possède une instruction primaire plus développée 

    • 4 : a obtenu le brevet de l’enseignement primaire 

    • 5 : bachelier, licencié, etc. (avec indication de diplôme)

    Antoine Etienne a passé deux ans sous les drapaux, de novembre 1889 à novembre 1891. Deux saisons difficiles pour sa famille et, peut être pour lui, aucun courrier personnel rédigé par les Paret n' a été retouvé.

     

     

     


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