• La Commanderie (1733...)

    Quelques années après son achat du moulin de Limonne, Floris entre en conflit avec la commanderie d' Annonay.

    Cette commanderie, située près du couvent des Cordeliers, et sa chapelle dédiée à saint Georges étaient membres de l' importante commanderie de Devesset.

     

     

          La Commanderie, 1733-1734 commanderie de Devesset avant restauration

     

    Durant les guerres religieuses du XVIe siècle, la commanderie d'Annonay et sa chapelle ont été démolies et rasées par les protestants. Il ne subsistait plus qu'une petite maison, une écurie, des prés, des terres, un jardin. 

     Dès l'origine, cette maison dépendait des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.

    La Commanderie, 1733-1734La fondation de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem        remonterait à la fin du XI ème siècle. Les membres de l'ordre se destinaient à la création d'hôpitaux, d'abord à Jérusalem, puis en Terre sainte. À la suite de donations, ils vont posséder des établissements, prieurés et commanderies dans toute l'Europe catholique. Puis, comme les Templiers, ils assument rapidement une fonction militaire pour défendre les pèlerins et pour combattre les Sarrasins . À la suite de la disparition de l'ordre du Temple en 1314, les Hospitaliers reçoivent les biens des Templiers, ce qui fait d'eux l'ordre le plus puissant de la chrétienté.

     

     

     

    La Commanderie, 1733-1734

    Le 13 mars 1733, un bref billet, signé Perrier Grenier est la première trace écrite du conflit, dans lequel le commandeur est demandeur, et Floris Paret le deffenseur.

     

     

     

    La Commanderie, 1733-1734

    Depuis 1729, le commandeur est François Foucaud de Beaupoil de Sainte-Aulaire, grand bailli de Devesset. Certainement plus près des comptes que son prédécesseur, il réclame à Floris 29 années d’arrérages. Pas plus, car, heureusement pour Floris, au delà, il y a prescription. Nous n'avons pas de trace de cette assignation.

    Le 17 mars 1733, Floris répond que cette demande est intempestive, et il argumente :

    1-D'après l' ordonnance d'Ibcy, ordonnance de Louis XIV sur le fait des eaux et forêts, le nouveau commandeur aurait du déclarer son habilitation à lever les rentes, ce qu'il a omis de faire, par conséquent « la demande et l' exploit d'assignation se trouvent radicalement nuls ».

    2-Le demandeur présente deux reconnaissances de dette, du même mois, de la même année, mais adressées par deux personnes différentes.

    3-Le demandeur conclut qu'il est bénéficiaire de 29 années d’arrérages sans fournir aucune preuve.

     

    François Foucaud de Beaupoil de Sainte-Aulaire n'aura pas le loisir de poursuivre sa requête puisqu'il meurt peu après. Il est remplacé en juillet 1733 par Claude Aubry de Palan, chevalier de l'ordre de St Jean de Jérusalem, commandeur de Celles et de Montchamp, baron de Nassel, chef d'escale des armées du roi, commandant de la compagnie des gardes de la marine du port de Toulon.

     

     

    La Commanderie, 1733-1734

    La Commanderie, 1733-1734

    La Commanderie, 1733-1734

    Le 19 avril 1734, Claude Aubry, tout aussi scrupuleux que son prédécesseur, reprend l'affaire en mains et affirme qu'il poursuivra Floris Paret jusqu' à la sentence.



     

    La Commanderie, 1733-1734

    La Commanderie, 1733-1734

    La Commanderie, 1733-1734

    La Commanderie, 1733-1734

    Quelques jours après, le 23 avril, Perrier, procureur, se saisit de l' affaire : 7 lignes de présentation de l' illustrissime Seigneur Claude Aubry et de ses titres ronflants, demandeur, contre Floris Paret, meunier, «  deffendeur « ! . Perrier a même du mal à retenir le nom de Paret : un Limonne avait été écrit à la place du nom, puis raturé.

    Perrier a rencontré Chomier, le procureur de Paret, et reprend point par point le billet du 17 mars 1733 :

    1- Des textes plus récents se substituent à l'ordonnance d' Ibcy, en conséquence « cette exception tombe d'elle même » .

    2- « Quand à la seconde, elle n'est pas plus soutenable que la première » : deux copies ont été données, mais c'est un usage courant.

    3- le deffenseur était au courant, et savait à qui payer la rente.

    On apprend que la demande de paiement avait été adressée le 29 octobre 1732.



     

    La Commanderie, 1733-1734

    La Commanderie, 1733-1734

    La Commanderie, 1733-1734

    Ces arguments ont apparement convaincu Floris, qui ne conteste plus le bien fondé de la demande, mais qui se retourne, le 7 juin 1734, contre l' ancien propriétaire,Heyrard, qui lui a vendu le moulin et des terres. Les propriétés acquises sont longuement décrites, et on apprend que l' acte de vente a été signé le 4 janvier 1723, sans qu'il soit fait mention des arrérages. Floris a acquis ce moulin à 26 ans, 2 ans après son mariage avec Jeanne Mantelin. Le cout était de 500 livres, pour les immeubles. Heyrard a certainement consenti un prêt à Floris, que ce dernier rembourse à raison de 25 livres par an, ainsi qu' en témoignent les quittances.

     

     

    La Commanderie, 1733-1734

    2 jours plus tard, le 9 juin, Heyrard est convoqué "dans les quinze jours" par Jean Pierre Mollin, huissier immobilier au baillage de Bourg Argental, à la requête de Floris dont le procureur  est Maitre Jean Pierre Chomier . Heyrard, âgé de 56 ans, est vigneron, et habite à Condrieu.

     

    La justice n'a pas l'air beaucoup plus rapide qu' à notre époque, puisque, pendant 2 ans, les archives ne nous révèlent rien sur cette épineuse affaire. Sans surprise, aucune trace de quittance pour la rente Heyrard, que Floris semble avoir cessé de rembourser... 

    Les lecteurs voudront bien avoir un peu d' indulgence et patienter quelques jours pour la suite de ces péripéties.


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